Mémoire sur la téléphonie mobile "la téléphonie mobile : nouvel âge, nouveaux usages"

publié le 27 mars 2010 à 14:55 par David Chassan   [ mis à jour : 25 avr. 2010 à 14:37 ]
Mémoire sur la téléphonie mobile "la téléphonie mobile : nouvel âge, nouveaux usages"

 

En collaboration avec Nathalie Tchorek et Gilles Le Rigoleur, et piloté par Joëlle Menrath, ci-après la conclusion de notre mémoire d'avril 2009 sur la téléphonie mobile : nouvel âge, nouveaux usages.

"Le téléphone mobile est devenu l’objet de communication universel par excellence, mais il est toujours en devenir, par essence en perpétuel mouvement. Certainement, les stratégies des acteurs dans le domaine de la téléphonie mobile seront encore amenées à évoluer. Les opérateurs veulent devenir éditeurs, les éditeurs de contenus se font multimédias, et les constructeurs de terminaux aspirent au rôle de fournisseurs de services. Le business model de la téléphonie mobile est en pleine mutation et la bataille entre acteurs économiques, avec ses alliances et ses dés-alliances, ne fait que commencer. Les annonceurs ne seront pas en reste et l’État et la société civile, dans cette effervescence, devront probablement intervenir pour édicter des règles de bonne conduite. Car il sera indispensable de prévenir les abus que certains seront tentés de faire en exploitant à outrance les données des individus consommateurs.

De nouvelles fonctionnalités ne cessent de venir enrichir les téléphones mobiles. La géolocalisation en est une des illustrations les plus prometteuses, mais l’utilisation du téléphone mobile comme moyen de paiement (créant une dynamique économique notamment dans les pays africains), ou encore la transmission de données médicales dans les pays en voie de développement, sont les nouveaux exemples d’usages émergents – possibles vecteurs de progrès. Bientôt le téléphone mobile incorporera des capteurs et pourra échanger avec son environnement sans solliciter une action de la part de son utilisateur. La forme de la communication mobile éclate dans sa pluralité.

Néanmoins, comme nous l’avons vu, c’est toujours l’individu qui finit par s’approprier le téléphone mobile en tant qu’objet. Ce dernier, devenu un moyen à part entière de communiquer, modifiera encore les rapports humains. Une nouvelle densité se créée autour de la téléphonie mobile, les liens forts se réaffirment, les liens faibles se multiplient, les réseaux s’étendent dans d’autre sphères, créent leur propre langage, leurs propres territoires. Si nous ne contestons plus l’appropriation de l’objet par l’individu, ne voit-on pas a contrario se produire une lente mais sure appropriation de l’homo mobilis par le « réseau » - un réseau aux enchevêtrements sociaux, professionnels, économiques, voire civiques et politiques? Entre l’éparpillement de ses données personnelles et intimes à travers les réseaux, sa position nodale au sein de ceux-ci, et l’omniprésence du téléphone mobile, sorte de prolongation de son être, l’individu voit son identité se redessiner. L’homme mobile moderne, nomade urbain, s’éloigne peu à peu des structures séculaires, sédentaires, verticales, et très hiérarchisées qui l’ont longtemps encadré pour aujourd’hui se mouvoir dans des structures horizontales plus poreuses et fluctuantes. Mais nous ne saurions présager ni de son évolution, ni des prochains usages."

Comments